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18 juillet 2008

DOMMAGES ET INTERETS

Ce billet d'humeur ne sera ni un guide, ni une plongée dans les coulisses des séries. L'analyse des nominations aux Emmys Award attendra. Il s'agira par contre d'humeurs, de ressentis personnels et que vous ne partagerez peut-être (sans doute) pas. Les commentaires vous sont ouverts.

Aujourd'hui, je vais donc vous livrer mon humeur sur un sujet récemment évoqué et qui trace une ligne qui, pour moi, est infranchissable.

Puisque nous tous ici évoquons notre intérêt pour les fictions télé, nous naviguons constamment dans des notions de passion, de désir, d'impatience. Subjugués, accros, même à différents degrés, nous ressentons une excitation à l'idée de découvrir un nouvel épisode, une nouvelle saison, de re-voir ce que nous avons aimé pour revivre et ressentir le même plaisir. Rien que de bien naturel.


Mais jusqu'où cela peut-il aller ? Qu'est-on prêt à oublier pour accéder à notre but, pour satisfaire notre désir ? Nul doute que, entre gens " adultes " (et je ne parle pas d'âge légal) on pense clairement que cet intérêt ne nous détourne en rien de notre vie sociale, politique, privée, de nos conceptions des choses. On est loin d'être des " NoLife " (no offense...) , des hystéros vociférant et encore moins des junkies aux séries, prêts à n'importe quoi pour un "fix". Bien. Ceci étant dit...

Récemment, j'ai évoqué ici, avec Arnaud, le grand manitou de l'affaire " Goldogate ", le point qui, durant son enquête, m'a le plus interpellé. Bien que clairement et notoirement problématique, cette sortie DVD ne semblait pas affecter outre mesure une quantité de fans qui n'avait aucun remord avec cette édition, parce que la seule chose qui compte pour eux est d'avoir enfin l'objet du désir.
Nous n'évoquons pas ici les consommateurs qui ne connaissent pas les dessous de l'affaire et qui font l'acquisition d'un produit en toute innocence, non. Je parle de ceux qui se disent : "Je sais que l'auteur est lésé. Mais le plus important est mon plaisir à moi."

Cette attitude, proprement hallucinante et excessive, a rebondi cette semaine à travers une petite phrase d'un commentaire. En détaillant par le menu les contraintes d'une édition DVD en terme de droit et de faisabilité, c'est très spontanément que l'on m'a écrit : "Dommage pour les fans qui demandent juste à avoir leurs séries préférées en dvd."
Je suis persuadé que l'auteur ne pensait pas à mal une seule seconde. C'est bien ce que je lui reproche d'ailleurs : de ne pas mesurer la portée de ce qu'il écrit ! Et si je ne vais pas lui jeter la pierre, il me paraît intéressant d'évoquer un peu plus ce qui est, pour moi, un franchissement de frontière. Celle qui sépare ma passion du respect de l'autre, purement et simplement.

Laissez-moi vous parler de moi, histoire de ne pas apparaître comme un preux chevalier blanc sans tache et sans reproche, qui vilipende les méchants brigands ! Que néni ! Coté passion, on peut dire que j'ai été assez jusqu'au-boutiste.
Etre scotché devant ma télé, dévorer les magazines de programmes et découper les résumés des épisodes pour les conserver ensuite ne fut qu'un début. Pas question que je loupe un programme sur ma télé noir et blanc, semaine et week-end. Les sorties étaient accessoires. Le feuilleton, lui, était essentiel... L'arrivée d'un magnétophone dans la famille ne me permit pas de devenir chanteur ou d'enregistrer ma voix : ce sont les bandes-son de mes films et séries favorites que je captais sur bande magnétique, micro braqué vers le haut-parleur de la télé (j'ai découvert plus tard la prise in...). Des bandes que j'ai toujours ! Dés lors, même en vacances, mon père m'enregistrait et me commentait oralement les épisodes du PRISONNIER qu'il m'était impossible de suivre du fin fond de mon village d'hiver, en 1968 !
Oui, à ce point là. Je suis un grand malade...

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On va vite passer sur les génériques filmés avec ma camera Super 8, sur les magazines que je conservais, les photos découpées, les épisodes de UFO en romans-photo sortis en kiosque et les vignettes à collectionner de COSMOS 1999 qu'un cousin me ramena d'Allemagne où il faisait son service militaire... Le point culminant de tout cela fut l'abonnement que je réussis à prendre à TV GUIDE à partir de 1977, que je recevais dés lors chaque semaine. Ma soif de savoir était rassasiée, ma frustration décuplée à la lecture des centaines de pages de listings insensés. Puis d'énormes volumes, de vrais bottins, " TV drama series programming " par larry Gianakos, recensant l'intégralité des épisodes de toutes les séries dramatiques diffusées aux USA entre 1959 et 1988 devinrent mes livres de chevet. Arrivée en 1979, j'acquiers très vite mon premier magnétoscope à cassette et, dés lors, je n'imagine pas vivre sans. Un ami proche se rappelle encore du soir ou, effondré, je le sommais de m'accompagner en voiture à un magasin ouvert tardivement pour que je puisse acquérir un nouveau magnétoscope, le mien s'étant cassé (pas en panne : cassé !) en fin d'après midi !

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Deux chasses se mirent alors en branle : celle des séries que je pouvais donc enregistrer durant des diffusions et rediffusions à notre bonne vieille télé française, et celle des rares cassettes mises sur le marché et qui réunissaient deux épisodes de séries sous le titre fallacieux d'un faux long-métrage. Chaque visite à Londres entraînait l'acquisition de nouveautés. Je vois ainsi mes premiers STAR TREK grâce à des enregistrements faits pour moi en noir et blanc à la télévision allemande... L'achat d'un magnétoscope Pal/NTSC, véritable usine à gaz, devint essentiel. A partir de ce moment, mes amis américains m'envoyaient une sélection des DOCTOR WHO ainsi que l'intégralité de séries diffusées à l'époque chez eux. Je suivais STAR TREK : THE NEXT GENERATION avec 2 mois de décalage sur la diff' américaine. Hourra !

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Ensuite arriva le Laserdisque et les imports japonais que j'allais commander chez un importateur dont la boutique ferma ensuite pour de très sombres histoires que je préférais ignorer. Les imports américains, eux, m'obligèrent à venir visiter régulièrement le département des douanes de l'aéroport d'Orly où les colis étaient arrivés... pour m'acquitter des taxes !

On va arrêter là. C'est trop triste ! De la folie, je vous dis. Prêt à tout pour acquérir le 1er épisode jamais vu de LAND OF THE GIANTS ou les épisodes inédits du PRISONNIER, pour ne pas manquer un seul épisode de LA LOI DE LOS ANGELES diffusée de façon anarchique sur la 5 et d'en couper les pubs, comme pour l'intégrale de MISSION IMPOSSIBLE et de ROBOTECH que je constituais... Et je vous entend d'ici : non, à l'époque, il était inimaginable que tout cela devienne un métier ! Pure passion, je vous dis !

Voilà ce à quoi j'étais prêt à faire pour ma passion, et ça n'a pas trop changé (fallait voir mon regard quand j'ai enfin reçu le box collector DVD de LAND OF THE GIANTS !).

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Mais non, malgré tout cela, pas question de passer outre les créateurs, les auteurs, les protagonistes. Mes cassettes n'étaient jamais dupliquées ni vendues, et j'ai toujours l'intégrale de TV Guide depuis mon premier numéro, le " fall preview " de 1977. Je crevais d'envie de voir ou d'avoir... mais pas à n'importe quel prix, et surtout pas en piétinant les gens qui m'apportaient ce plaisir.

Ainsi, je n'avais pas tel titre ou tel autre. Je prenais alors mon mal en patience et attendais... Une rediffusion en après-midi, une sortie en Australie, un voyage aux Etats-Unis (j'ai fait aussi l'acquisition d'un magnétoscope américain portable que j'emmenais dans mes bagages et que je branchais une fois arrivé dans la chambre de mon hôtel... bon, j'arrête, c'est pathétique !) . J'attendais le bon vouloir d'un diffuseur, d'un éditeur.. à moi d'être prêt, le moment venu, pour ne pas manquer ce que l'on daignait m'offrir.
Je vais être franc : je suis incapable de vous dire si la légalité de la chose m'interpellait. Je me bornais à penser que c'était aux chaînes ou aux éditeurs de videocassettes de me proposer cela, le moment venu.

Alors je ne peux pas comprendre un seul instant pourquoi c'est "dommage pour les fans qui demandent juste à avoir leurs séries préférées en DVD". Si cela signifie que les "fans" se moquent des auteurs, de la légalité, de la juste rétribution de la création et du travail et de la rentabilité d'une production, je ne peux y souscrire ! Hier, maintenant ou demain.
Cela reviendrait-il à dire que, pour les fans, on peut spoiler des créateurs et faire couler des boites de production, no problemo ? Tant que son feuilleton favori existe, tout va bien ??? Coûte que coûte ???
Car c'est de cela dont il s'agit : de droits, de rétribution de travail, d'une mécanique qui fait que chacun touche ce qu'il est censé avoir, contractuellement. Que cette mécanique puisse être complexe, lourde et injuste, c'est très possible. Qu'elle devienne, par moment, aberrante, c'est certain. Je vous le dis clairement dans le video-blog consacré aux droits des DVD. C'est cependant celle qui est en place, depuis le début, acceptée par tous, avant même que le premier tour de manivelle ne soit tourné. Quand cela dérape, quand la mécanique commence à spolier les gens, cela donne la grève dure des scénaristes que nous avons vécue. Et c'est à eux de la faire et à nous de les soutenir. Le show business est loin d'être un jardin d'enfant, mais ce n'est pas un prétexte.

Ce n'est en tout cas pas à nous de décider qu'ils ne le méritent pas, qu'ils ont déjà assez gagné d'argent comme ça, si la maison de production ne le vaut pas... De faux arguments pour tenter de légitimer l'idée que notre plaisir de fan passe avant leur travail.
Mettons les pieds dans le plat : clairement nous avons un problème avec l'argent. Pourtant il ne faut jamais oublier aussi que l'idée d'une série (ou d'un film, d'un livre, d'un disque...) est de faire de l'argent, de remporter le jackpot, que ses protagonistes (production, acteurs, créateurs...) deviennent riches grâce à la série que l'on a mis en œuvre. Et cela n'enlève pas le talent, la volonté de se dépasser, de proposer la fiction la plus palpitante possible... mais aussi d'en vivre le mieux possible. Quoi de plus naturel et normal, au fond. Et si les acteurs et actrices sont payés très cher, ce n'est pas que pour leur seul talent. C'est parce que leur image va engendrer des ventes, donc des bénéfices. Les acteurs de FRIENDS ont demandé un million de dollars par épisode, pensant qu'on ne leur accorderait jamais. Mais les bénéfices que ces épisodes ont engendrés vont au-delà de leur salaire. Alors...

Si cette chaîne de droits existe, si ces structures sont mises en place, c'est justement pour que de nouvelles saisons et de nouvelles séries soient créées et que le travail de chacun soit rétribué. Quand on sait qu'elle n'a pas été respectée, il n'y a rien d'autre à faire que de boycotter le produit. Editer une série ne peut se faire sans en avoir réglé tous les droits, et ce n'est pas " dommage ", mais c'est la moindre des choses !

Viendrait-il à l'idée d'acquérir une voiture en sachant que les brevets n'ont pas été acquis ? Pourtant, le créateur de tel ou tel composant doit être riche, depuis le temps ... et alors ?!

Alors, on continue à traquer une re-diffusion sur Equidia ou une sortie DVD en Autriche ... Mais ce n'est pas " dommage " qu'une œuvre ne puisse pas être vendue sans que les contractants le désirent et y soit financièrement associés. Et ce n'est pas dommage si ce n'est pas possible d'y arriver. Parce que les droits musicaux ou parce que l'auteur est fâché avec le producteur. Tant pis pour le coffret DVD de COLD CASE ou de GOLDORAK que je ne peux donc pas avoir.
Sinon, je ne pourrais plus regarder Katherine Morris dans les yeux et Arnaud n'aurait jamais osé être face au maître du Robot Géant...




CREDIT PHOTO :
"Le Prisonnier", "Cosmos 1999" : Granada
"Star Trek : The Next Generation" : CBS Paramount International Television
Coffret "Land of the Giants" : (c) 8 Art City

Commentaires

D'accord sur tout sauf sur ça : "Pourtant il ne faut jamais oublier aussi que l'idée d'une série (ou d'un film, d'un livre, d'un disque...) est de faire de l'argent, de remporter le jackpot, que ses protagonistes (production, acteurs, créateurs...) deviennent riches grâce à la série que l'on a mis en œuvre. Et cela n'enlève pas le talent, la volonté de se dépasser, de proposer la fiction la plus palpitante possible... mais aussi d'en vivre le mieux possible. Quoi de plus naturel et normal, au fond."

J'ai l'intime conviction que certains auteurs, qui se sont découvert cette vocation, font ça d'abord parce qu'ils ont des choses à dire justement et que, le système aidant, cela leur permet d'en vivre. Je ne crois pas que tout le monde choisit un métier en premier lieu pour son salaire, en tout cas je n'ai pas été élevé comme ça. Si l'idée d'une série appartient à son auteur et qu'il le fait dans cette visée, il m'est tout de même difficile de dire que cette idée a d'abord été faites pour faire de l'argent. Je ne sais pas si c'est moins évident de déceler cela dans les auteurs américains, car toute leur culture et leur société sont tournés autour de la consommation et de la réussite. Mais en tout cas, pour parler de The Wire vu qu'elle s'est sympathiquement faites snobée par l'Académie, David Simon a pensé d'abord avec ses tripes avant de penser marketing. Je pense que pour certains auteurs, l'initiative qui les pousse à créer une série n'est pas systématiquement le contrat qu'ils pourraient décrocher.

Ecrit par : zemanuuu | 18 juillet 2008

Certes, le Produit global de la série est lui pour faire de l'argent, mais l'Idée à mon sens ne l'est pas forcément.

Ecrit par : zemanuuu | 18 juillet 2008

Je n'ai pas le temps de rédiger un commentaire très long et structuré, mais votre billet m'a inspiré deux réflexions que je voulais partager.
La première concerne ce que vous racontez à propos de Star Trek et de Dr Who. Une personne bien intentionnée enregistrait des épisodes de séries sur une chaine locale et vous envoyait ensuite la K7 dans un pays étranger. Celà me fait fortement penser à ce qui se passe sur internet de nos jours... certes, le format utilisé n'est plus le même, nous sommes passés de la K7 vidéo au fichier informatique... le nombre de personnes concernées a explosé en passant de qqs privilégiés dont vous faisiez partie à des milliers (millions ?) d'heureux internautes... le délai aussi à diminué en passant de 2 mois à 2h environ... Mais n'est-ce pas finalement, la même chose ?
La deuxième réflexion concerne le mépris supposé des fans vis-à-vis des droits d'auteurs car je ne vois pas trop la différence entre ces K7 que vous reçeviez par la poste et les DVDs de Goldorak que l'ont trouvait chez MD (pour ne pas les citer). Dans les deux cas, aucun argent ne va dans la poche des créateurs, si je ne m'abuse...
Pour tempérer ce commentaire, je tiens à préciser que je ne prône pas le piratage ni la diffusion de produits sans versement de droits... bien au contraire ! Je suis d'ailleurs, le premier à me jetter sur les coffrets collectors des séries que ce soit en France, au Japon ou aux USA ! Mais j'avoue sans honte avoir le plaisir coupable de télécharger les épisodes de Lost, Heroes, Life On Mars ou The Office, entre autres, pour les regarder en attendant que je puisse acheter l'édition en DVD.

Ecrit par : blofeld | 18 juillet 2008

===> "La première concerne ce que vous racontez à propos de Star Trek et de Dr Who. Une personne bien intentionnée enregistrait des épisodes de séries sur une chaine locale et vous envoyait ensuite la K7 dans un pays étranger. Celà me fait fortement penser à ce qui se passe sur internet de nos jours... certes, le format utilisé n'est plus le même, nous sommes passés de la K7 vidéo au fichier informatique... le nombre de personnes concernées a explosé en passant de qqs privilégiés dont vous faisiez partie à des milliers (millions ?) d'heureux internautes... le délai aussi à diminué en passant de 2 mois à 2h environ... Mais n'est-ce pas finalement, la même chose ?"

Je ne le crois pas car comme tu le dis le format, la vitesse d'exécution et le nombre de personne n'est plus le même. Alors au final non ce n'est pas la même chose quand on passe de 50 personnes à 60 millions de consommateurs ^^

Ecrit par : lord-of-babylon | 18 juillet 2008

Personnellement, je ne suis pas certain que les avancées technologiques changent quelque chose au principe de se procurer une oeuvre protégée sans en reverser des droits... Que ce soit sur K7, CD, DVD, fichier informatique, le principe reste le même... de plus, être 50 personnes ou 60 millions, ça ne change rien au niveau personnel... ce n'est pas parce qu'on est seul à faire une chose discutable qu'elle en devient excusable...
:-)

Ecrit par : blofeld | 18 juillet 2008

La numérisation des supports et la technologie ont changé la donne.

Quand j'étais plus jeune, six ou sept régénérations avant :-), les séries étaient diffusées par blocs de 13 épisodes souvent dans le désordre et sans pilote.

Je n'ai eu un magnetoscope commercial qu'en 1989, la première série que je me suis offert en vhs c'était LE PRISONNIER (ben oui, j'y peux rien...) Auparavant je salivais devant les cassettes en location du vidéo-club du coin auquel on était pas abonnés. Ils avaient HISTOIRES SINGULIERES, non, ne vous marrez pas!

Et moi aussi j'enregistrais la télé en audio dont les reportages d'une certaine personne dans une certaine émission. Si vous avez une copie convenable de votre mémorable reportage sur DOCTOR WHO je serai preneur et éternellement reconnaissant.

J'achetais Ciné Télé Revue pour avoir ce qu'on appelle aujourd'hui des "spoilers" parce qu'il y avait les programmes des périphériques. Et dès qu'une de mes connaissances allait aux US je lui cassais les pieds pour avoir des TV Guide.

Quand je voulais voir DOCTOR WHO ou BLAKE'S 7 c'était en Angleterre qu'il fallait que j'aille.

Je pourrais continuer indéfiniment. Raconter ça aujourd'hui, c'est comme quand je dis à ma nièce de 16 ans que les disques étaient noirs avec un trou au milieu et que les ordinateurs fonctionnaient avec des cartes à trous. Et quand je lui raconte qu'il n'y avait que trois chaines elle est sidérée.

Vous voyez ce que je veux dire?

Ecrit par : thierry attard | 18 juillet 2008

J'ai fais exprès de ne pas aller vers le thème du piratage Internet (… et vous y plongez tête baissée, dommage .). Je crois avoir clairement établis que ce n'était pas le sujet de ce billet.
le sujet est : peut t'on cyniquement dire : "je veux mon DVD, et tant pis si il n'y a pas les conditions légales , mon plaisir passe avant tout". Car dans ce cas, il s'agit d'un matériel illégal qui est VENDUS et qui génère donc des bénéfices pour l'éditeur, au détriment de la chaîne des producteurs auteurs. En clair, l'argent, votre argent, ne vas pas ou il le devrait.
Et opposer le fan, pauvre victime, qui veut son DVD , et une impossibilité légale de répondre à cette demande (les droits, au centre des video-blog consacrés aux DVd de séries) est extrêmement hypocrite.
Je vous demande donc de vous arrêter… hum…euh… de rester dans le sujet, merci les gars !.

Mais comme je ne vais pas botter en touche, puisque je suis « mis en cause », je termine en précisant, à propos des cassettes envoyées des USA :
1- J'ai ecris que je ne voulais « pas apparaître comme un preux chevalier blanc sans tache et sans reproche». Je ne me met donc pas hors de cause moi-mème. Mais que j’ai des limites, mes limites.
2 – La différence extrêmement importante pour moi est que ces programmes, envoyés en exemplaire unique, restaient pour moi dans le cadre de la copie privée et que je ne les distribuait pas. Un téléchargement, lui, est fait par un inconnu (le « cercle de famille », là, est explosé !), destiné à des milliers d’inconnus qui le redistribuent à des milliers d’autres inconnus. Ca s’appelle de la recel et c’est ce que je me suis toujours refusé à faire . C’est exactement ce que dis lord-of-babylon.
En conclusion, il n’est pas utile de vous réfugier derrière ce que je dis avoir fait pour justifier quoi que ce soit d’autre. J’assume ! D’autant plus que, comme je l’ai précisé, le but n’est pas de pointer du doigt qui que ce soit (fans, posteur…) mais de réfléchir ensemble sur une situation particulière. C’est pas « la faute à qui » qui est intéressant mais « que faut il en penser ».

Ecrit par : alain carraze | 19 juillet 2008

zemanuuu :
J'ai faillis oublier de vous répondre. Un prochain jour, je parlerai de ce sujet tabou : argent et séries télé.
Je partage en partie votre point de vue, mais sans tomber dans les extrêmes. Un auteur va penser "oeuvre" et doit avoir des choses à dire, mais il pense aussi qu'il doit travailler pour survivre, vendre un pitch, un projet, une série, et qu'il serait bien content si cela lui donne le confort matériel. Idem pour un réalisateur, un cameraman, un cuisinier pour le lunch... ...
Qui vous dit que David Simon n'a pas très durement négocié avec son agent artistique les termes de son contrat et les pourcentages qui lui reviennent de THE WIRE ? Et quel est le problème ? Il ne fait pas caricaturer artiste talentueux = altruiste / faiseur de succes = gros bandit ! Ce sont des clichés ! Derrière de grand créatif se cachent quelquefois des hommes d'affaire impitoyable. Et je trouve qu'ils en ont parfaitement le droit.

Ecrit par : alain carraze | 19 juillet 2008

Je n'ai pas parlé d'altruisme, j'ai parlé de motivation à la découverte ou l'envie de partager une idée originale. Si une fois l'idée bien brossée, la machine économique humaine se met en marche incontestablement, je veux encore croire que certains auteurs vont d'abord avoir l'idée de leur série parce qu'ils ont des choses à dire. Qu'ils ne vont pas trouver l'idée en pensant que ça va toucher du monde. Après, certes, ils vont construire leur argumentaire pour convaincre boite de prod et diffuseurs que ça va toucher du monde mais ça, c'est la promotion/vente de leur idée, pas la génèse :)
Après, je suis loin d'être dans l'extrême parce que je précise bien que seule une poignée d'auteurs à mon sens voient les choses comme ça, du moins aux Etats-Unis. Culturellement, je pense que ce que j'expose là est plus français à mon avis. Ensuite, moi dans le fond, ça ne me pose aucun problème. Sauf que si on arrive à déceler les personnes qui vont faire du produit audiovisuel juste pour toucher la tune, j'appelle pas ça des auteurs, j'appelle ça des commerciaux. Et si en plus ils osent nous faire croire qu'ils font passer des idées derrière, youpi, je pense que je douterai largement de leur sincérité. Après, y a des succès tels Les Soprano ou SFU qui me paraissent honnêtes. Je suis fan de Lost mais je ne peux pas m'empêcher de penser qu'on nous a pris, au moins pendant 2 saisons, pour des cons. Jamais je n'ai eu la prétention de dire que tous les succès étaient fait par des bandits. Mais je suis aussi conscient qu'on est loin de vivre dans le monde des bisounours :D Suffit de faire la part des choses.

Ecrit par : zemanuuu | 19 juillet 2008

On ressort souvent cette comparaison des cassettes audio qu'on copiait étant enfants au piratage sur le net, mais comme le dit Alain ça n'a strictement rien à voir. La copie privée dans le cercle familial (et le cercle familial va bien au delà de la famille), c'est non seulement légal, mais également couvert, depuis la numérisation qui n'engendre plus de déperdition de qualité, par la taxe sur les supports numériques vierges au titre de l'exercice de la copie privée.
Copier d'inconnu à inconnu, c'est illégal. A plus forte raison à des milliers d'exemplaires. Copier, prêter, projeter une œuvre à des amis, des collègues, ou à sa famille, c'est légal. Le manque à gagner pour les ayants-droit est d'ailleurs sans commune mesure. Résumer l'un à l'autre ne tient donc absolument pas debout.

Ecrit par : nonoche1 | 19 juillet 2008

Zemanuuu : pour revenir sur ton dernier message et en prenant un exemple du cinéma. John Carpenter à toujours affirmer être un capitaliste, aimer l'argent et faire des films aussi pour cela pourtant il est considéré comme un auteur (en France au moins). Je ne pense pas que l'envie de se faire de l'argent soit incompatible avec le désir de raconter une histoire. Il n'y a pas d'un coté les gentils auteurs et les méchants commerciaux je crois qu'il y a beaucoup plus de nuance que ça.

Ecrit par : lord-of-babylon | 20 juillet 2008

le sujet est : peut t'on cyniquement dire : "je veux mon DVD, et tant pis si il n'y a pas les conditions légales , mon plaisir passe avant tout".

c'était donc cela.

Plus sérieusement, si nous respectons le fait que chacun des participants de nos série préférées ne soit pas lésé sur leurs droits pour les sortie en DVD, comment, si nous ne pouvons plus dire "dommage", dire que nous somme déçut de ne pas pouvoir avoir nos coffret?

Si j'ai bien suivit, Cold case en DVD, ce sera 70 ans après ma mort, cela va être long latente.

Ecrit par : janya | 21 juillet 2008

Cette problématique du "tout, tout de suite" (qui est aussi celle du "toujours plus") est avant tout symptomatique de la façon dont nous vivons aujourd'hui. OK, c'est le lot de notre société de consommation. Mais je ne vois pas comment la déconnecter de l'environnement numérique dans lequel nous évoluons désormais. Internet, où tout semble n'être que gratuité, facilité, impunité, est bien au cœur même de cette évolution.
C'est vrai : à quoi bon créer un contenu original quand on peut en quelques clics s'approprier la création d'un autre (et se faire mousser au passage, puisque le jeu est aussi d'exister dans un espace communautaire réel ou virtuel). À quoi bon attendre quand il n'y a qu'à se servir.
Nous sommes à l'ère du copier/coller. Pour ceux qui ont connu l'époque des encriers, où tout se méritait, où la patience était une vertu, où les images étaient rares et les souvenirs suffisants,… ce n'est clairement plus le même monde.
Pourtant c'est bien pratique, le copier/coller. Et c'est vachement bien d'avoir le monde à portée de clic. Et c'est sympa comme tout d'avoir ses souvenirs d'enfance en DVD…
Alors que faire ?
Eh bien on pourrait commencer par arrêter de se comporter comme des gamins. Cold Case ne sortira jamais en DVD ? Tu parles d'un scandale ! Est-ce que cela a objectivement la moindre importance ?

Ecrit par : gidiouane | 24 juillet 2008

Autant pour moi, mon commentaire sur cold case était une boutade qui est tombé à l'eau.

Ta reponse, cher gidiouane, est dans la ligné de ce qui m'a fait réagir lors de mon précédent message.

Ce qui me chagrine c'est qu'à l'annonce que la série X ou Y ne fera pas l'objet de sortie en support numérique, visiblement nous devions gardé nos réaction pour nous.
Je ne pense pas que cela soit une réaction enfantine de dire d'une manière ou d'une autres que cela nous déçois. Certe cela ne changera pas le cours de nos vie, par contre ne pas pouvoir dire que cela n'est pas top (et juste cela, sans absolument vouloir entré dans l'illégalité) et pourrait bien changé le cours de nos vie, car la liberté s'use lorsque l'on ne s'en sert pas.

Ecrit par : janya | 25 juillet 2008