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29 juillet 2008

THE X-FILES : DEGENERATION ?

Une fois n'est pas coutume, je vais parler cinéma.

Enfin, il s'agit tout de même de séries, puisque c'est au nouveau film X-FILES que je vais m'intéresser. Et pour tout vous dire, c'est pas joli-joli...

Commentaires

Voici ce que j'ai écrit à propos du film, à chaud une demi-heure après l'avoir vu.
Ce n'est pas de la première subtilité, mais c'est une réaction immédiate.


Ca y est j'ai vu le film.
Il n'est effectivement pas bon du tout. Navré d'être si péremptoire d'entrée de jeu, pourtant celui qui vous dira l'inverse fera juste preuve de l'euphorie irrationnelle propre au fanboy. Je crains bel et bien que ce film ne soit un postiche, et il est patent qu'il ne possède aucune espèce de raffinement cinématographique.
Mais parce que je fais de mon mieux pour être honnête, le film n'est pas non plus entièrement réduisible au zero absolu que l'on a pu lui affubler ici et là. Il a deux ou trois qualités enterrées - loin - sous le fatras de ses impardonnables lacunes - mentionnées dans le dernier paragraphe.

La première demi-heure laisse encore croire à un film susceptible de produire une histoire de qualité, mais très vite la sensation d'un scenario inexistant et forcé s'impose malgré nous. Non content d'être résumable en même pas une ligne et demi de texte, le sus-dit scenario trouve en outre le moyen d'être complètement décousu, truffé d'incohérences et de trous larges comme un cratère, et se félicite même de ne pas proposer de conclusion - la plupart des personnages disparaissent purement et simplement d'une séquence à l'autre pour ne plus jamais réapparaître, et ce même lorsqu'ils sont censés être les vertèbres du film. Alors que "I Want To Believe" revendique une filiation avec "Le Silence Des Agneaux" par le truchement des interviews de ses deux scénaristes, il n'est en réalité qu'un outrageusement banal film d'horreur de série B qui ne s'embarasse absolument pas des détails, loin de là, multiplie les raccourcis, ne résoud qu'à 70% l'enquête pseudo-policière figurant au menu et accumule les scènes psychologistes riches en joues humides. Oui, car la grève des scénaristes, Chris Carter et Frank Spotnitz en visionnaires l'ont faite bien avant leurs collègues, il y a cinq ans, tandis qu'ils écrivaient les prémices de ce long-métrage dont seule la présence de Mulder et Scully semble affirmer qu'il s'agit d'un X-Files.

Conformément à la paresse narrative qui caractérise les trois dernières saisons, le film ne souhaite pas raconter d'histoire. Il se laisse porter sans conviction par la MSR, seule préoccupation récente de Frank Spotnitz et néanmoins elle-même définie avec la plus ingrate des approximations - comme souvent lorsque l'on manipule le mélodrame un peu trop systématiquement. En bref, l'histoire n'est qu'un fond sonore anodin, un peu comme la pluie qui tombe derrière la fenêtre, un prétexte jeté aux frontières du bâclage pour mettre en avant Mulder et Scully. D'ailleurs, la seule raison pour laquelle nos deux ex-agents enquêtent, ce sont leurs tourments de l'instant, notamment l'un vis-à-vis de l'autre - les rares "rebondissements" de l'affaire ne les affectent pour ainsi dire jamais. A celui qui trouverait l'idée honorable, je ferais juste remarquer que l'on pouvait parfaitement centrer le film sur Mulder et Scully tout en ayant un scenario consistant à se mettre sous la dent par ailleurs, et que l'excuse de "Ce que Chris Carter et Frank Spotnitz ont voulu faire" ne tient pas la route plus de quelques secondes. Deux idées semblent présider à l'écriture de gaucher qui a fomenté ce récit : primo les fans qui sont restés n'aiment pas X-Files mais Mulder et Scully, et nous sommes dans le même état d'esprit. Secundo peu importe l'histoire tant qu'on a trois ou quatre gimmicks à installer. Et ces gimmicks là, pas besoin de les chercher bien loin, puisque "I Want To Believe" ne fait que recycler avec mille fois moins de talent ceux de l'incontournable pilote de MillenniuM et de l'épisode baptisé "Oubliette" - Saison 3. La finesse est relativement absente du résultat final, et sans doute que le mot X-Files imprimé sur l'affiche offrira au film l'opportunité d'être considéré là où il aurait été copieusement ignoré voire snobé en tant que production sans réputation pré-existante.

La réalisation scolaire de Chris Carter n'est pas rédhibitoire, en revanche ce qui l'est davantage c'est l'ambition minimale des auteurs : cinq ou six décors en tout et pour tout, signe qui trompe rarement lorsqu'il s'agit d'épingler les mauvais épisodes de X-Files - on remarquera d'ailleurs que les dernières saisons sont particulièrement productives en ce qui concerne les scènes de bureaux ou d'hôpital à répétition. La musique de Mark Snow est inférieure à d'accoutumée, particulièrement pourvue en violon pour s'adapter aux moments les plus "émotionnels" du récit, eux-mêmes un peu indécents et faciles dans leur approche. Le thème de la foi et de la science, annoncé à de multiples reprises par Chris Carter, n'existe en réalité quasiment pas au cours du film, sinon par le biais de crucifix accrochés dans tous les sens - malgré tout, le film évite le para-prosélytisme des Saisons 8 et 9 et contourne le trop plein de symboles de la plus sécurisante des manières... en décidant de n'avoir aucun message du tout. Les quelques notes d'humour sont assez indésirables - typiques des vannes de Duchovny en interview - mais auraient pu passer sans heurts si elles ne s'étaient pas trouvées au beau milieu d'un film dont la tonalité d'ensemble va à l'encontre de leur existence. En revanche, le "gag" sur George W. Bush n'est pas aussi nul qu'on l'a dit dans certains commentaires, il n'est juste pas à sa place dans ce film.
Enfin, je demande une minute de silence pour le responsable des effets spéciaux numériques, qui s'est pendu chez lui après avoir entrevu son oeuvre à l'écran - bleu ? : c'est terriblement mal fait, et même franchement ridicule lors d'un passage en particulier, voulu dramatique à la base mais désamorcé aussitôt par la faiblesse du computer FX.

Duchovny et Anderson sont les seuls à se tirer de ce traquenard sans bobos, visiblement contents de se retrouver. Leur prestation n'est absolument pas en cause. Billy Connoly a sans doute beaucoup de talent et de charisme, malheureusement son personnage ne lui offre aucune opportunité de le montrer. Amanda Machin est tout juste mauvaise d'un bout à l'autre, quant à Xzibit son rôle insignifiant nous laisse sans réponse quant à son potentiel. Le shipperisme que tout le monde escomptait est bel et bien présent, dans son versant "crise conjugale", et variablement supportable selon les moments. Si certaines scènes, parmi les quelques-unes qui ont été correctement écrites, se cantonnent à prolonger une logique des choses qui de toutes les manières doit se poursuivre ainsi, d'autres sont avant tout de longues et pénibles digressions lorgnant vers le soap-opera d'intello.

Par-dessus tout, le film a ses moments mais manque singulièrement de rythme.
Parfois jusqu'à l'ennui. D'aucun diront que cela lui confère des allures de film d'auteur, le scenario un peu minable viendra malheureusement contredire cette position que, l'espace d'un instant, j'ai voulu adopter.

Oui, c'est un jeu de quilles.
Mais réfléchir quelques minutes après le film vous fait songer à combien il ne tient pas debout.

Au chapitre peu fourni des bons points, outre le jeu convaincant de Duchovny et Anderson et les nombreuses références à la série et son staff - cameo de Chris Carter, j'avoue que le film a dissipé une certaine crainte : sans être effrayant, il est au moins glauque, triste, voire carrément déprimant. Ce n'est pas un spectacle pour fillettes, ce n'est pas une prostitution, et ce n'est en tout cas par sur ce point là que X-Files s'est déshonoré. Ca, c'est déjà plus que ce que les noromos attendaient. C'est un film de série B - peut-être même Z - et en ce sens il ne déplaira peut-être pas complètement à ceux qui ont pu apprécier certains épisodes grand-guignolesques de la Saison 8, saison qui selon moi flirte allègrement avec le monde du B. J'interprète cet aspect du film comme étant l'impulsion de Chris Carter. Deuxièmement, la première demi-heure est relativement bien faite, suffisamment pour y retrouver un esprit mitoyen de celui de X-Files. Troisièmement, Chris Carter et Frank Spotnitz ont essayé de conférer un certain "réalisme" au film, non pas dans l'intrigue totalement abracadabrante, mais dans la réaction que peuvent avoir les personnages vis-à-vis de ce qui les touche : ça parle cru, plus spontané, c'est très différent du langage polissé et ultra-réfléchi de la série. Certains seront mécontents, d'autres trouveront que cet aspect est cohérent avec la volonté qu'ont eu les deux hommes de faire de Mulder et Scully des gens plus normaux et tangibles qu'ils ne furent aux origines glorieuses du show.
Enfin, ce n'est pas grand-chose, mais le générique de fin est superbe - je parle bien du générique lui-même et non de "l'épilogue", qui de toutes manières, n'est pas à prendre au sérieux et rejoint simplement la catégorie de l'humour lourdaud pré-cité.

Au final, un gâchis qui a une chance de devenir culte chez les amateurs de séries B mais certainement pas chez les cinéphiles ou les fans des premières heures de la série.

3/10

Ecrit par : super scolopendre | 30 juillet 2008

Je pense que le mot de la fin est tout trouvé :

Amen.

Ecrit par : zemanuuu | 31 juillet 2008

Moi aussi, je vais faire court : R.I.P. X-Files.

Il y a des épisodes comme le 9.18 (?) qui ne servent jamais de leçon...

Ecrit par : hellknight | 01 août 2008

Quand j'ai vu ce film, j'ai vraiment cru à une blague... Ou alors je me suis dit que j'avais raté des épisodes ou que j'aurai du revoir le premier long métrage...
Je ne comprenais plus rien à la relation entre les deux héros, mais ce n'est pas le pire... Qu'est-ce que c'est que ce recours systématique à la religion ? En tant qu'athée, j'en ai déjà ras le bol de constater qu'il n'est quasiment pas une production américaine sans qu'il soit fait référence à "God" mais que ce soit omniprésent dans ce film, m... à la fin ! Je n'ai pas souvenir que la série fut aussi bigote ! Ni Scully que je croyais plutôt scientifique rationnelle... Quant au reste tout à été dit à part que, si j'ai bien compris, ce Russe vivant en ménage avec un ancien enfant victime du Père pédophile, enlève des femmes pour que son chéri se transforme lui-même en femme ? N'est-pas une vision scandaleusement homophobe ?
Ah ces Pédés tous des tarés, pédophile pour l'un (car de pédophile à gay, il n'y a qu'un pas selon certains bien pensants...) ou meurtriers en série pour l'autre (afin assouvir ses fantasmes de normalité !) Je trouve ça extrèmement grave !
Pour tout dire je m'étonne qu'aucune association gay n'ai réagit dans le monde pour dénoncer ça... Et surtout qu'un type comme Duchovny, que je pensais plutôt démocrate ouvert sans arrière pensée (CF la série Californication) ait pu participer à une catastrophe pareille !
Bref, j'aurai mieux fait de retourner voir Wall E que de m'ennuyer comme un rat mort
( de froid) avec Scully et Mulder.

Ecrit par : pioupiou22 | 04 août 2008

Bon, je l'ai vu. Voilà la pensée qui m'est venue à la fin du film : Euh ?

C'est un mélange d'une enquête policière tout ce qu'il y a de plus banale à la CSI, des dialogues larmoyants à la Grey's Anatomy entre Derek et Meredith, et puis un peu de X-Files (les persos). Mais je n'ai pas vu un film devant moi, à peine il aurait valu le coup en un épisode de 40 minutes. Clairement, il y a un manque considérable d'ambition derrière ce film et je rejoins votre avis, seul un bon paquet d'argent à se faire à motiver Chris Carter de sortir de sa bulle et écrire quelques lignes à la con. Et puis mon dieu, les dialogues, une horreur. Quant à la fin, c'est plus une blague très américaine qu'autre chose. Mais ça désacralise tout d'un coup l'aura de X-Files. Mais c'est sûr que ça peut être interprété par les fans comme du gros foutage de gueule assumé. Pas très fin tout ça...

Ecrit par : zemanuuu | 04 août 2008

BOF
Même si le premier scénario a été perdu, cela n'excuse pas ce que j'ai vu l'autre jour au cinéma. J'ai nettement préféré le premier film. Si Chris Carter souhaitait faire un film pour avoir la paix avec ses fans. Il a réussi.

Ecrit par : smkemper | 15 août 2008